Asile et immigration : une politique gouvernementale illisible voire contre-productive

Alors que nous attendions depuis l’annonce du Président de la République en juillet dernier, un texte ambitieux concernant l’immigration et l’asile, il nous est proposé un texte très technique dans lequel je ne trouve pas l’essentiel à savoir un traitement efficace de l’immigration irrégulière et une vraie stratégie en matière d’intégration des étrangers que la France décide d’accueillir.

Quelle est la véritable stratégie politique derrière les annonces du gouvernement ?

Comment prendre au sérieux cette volonté annoncée de refonte complète de notre politique d’asile et d’immigration, comment comprendre la présentation de ces 38 articles qui visent à resserrer la procédure d’asile et améliorer les éloignements et en même temps la remise d’un rapport pour une véritable politique d’intégration des étrangers dans la même semaine ?

Une véritable politique d’immigration doit reposer sur un ensemble de mesures nationales cohérentes, financées et décidées en parallèle des décisions prises au niveau européen. Tel n’est pas le cas en l’espèce.

Rappelons que ce texte n’est accompagné d’aucun moyen budgétaire supplémentaire : baisse de 7 % en 2018 des crédits dédiés à l’éloignement des étrangers en situation irrégulière, sous budgétisation des moyens alloués aux centres de rétention administrative alors que les délais de rétention seraient portés de 45 à 90 jours.

Il n’y a rien sur la notion de pays tiers sûrs, rien sur l’intégration, aucune mesure concernant les titres d’étrangers malades, sur la coopération, sur les mesures à mettre en œuvre pour obtenir des laisser passer consulaires. Qu’en est-il de la poursuite des passeurs ?

Ce texte traduit une stratégie d’immigration inexistante ou incomplète, peut-être même contre-productive.

François-Noël Buffet
Sénateur du Rhône