Michel Raison : « Prévention routière : les Sénateurs demandent la création d’une mission d’information »

Les Sénateurs cosignataires de la lettre ouverte demandant au Gouvernement les résultats de l’expérimentation sur la réduction de la vitesse - initiée par Michel RAISON, Sénateur de la HauteSaône - ont pris acte de la décision du Premier Ministre de généraliser l’abaissement à 80km/h de la vitesse sur toutes les routes du réseau secondaire sans séparateur central.

Ils dénoncent une nouvelle fois la méthode employée par le Gouvernement qui a choisi «  la posture de la démagogie en cherchant à culpabiliser et à infantiliser les parlementaires ayant eu l’impudence de l’interpeller sur les résultats de l’expérimentation engagée depuis plus de deux ans  ».

« Après avoir évité toute concertation préalable sur un sujet aussi important, après avoir ensuite cherché à fuir tout débat, le Gouvernement a finalement été contraint sous la pression de reconnaître que cette expérimentation ne pouvait légitimer sa décision » pointent les Sénateurs qui regrettent « la précipitation d’une généralisation sur 400 000 kilomètres alors que d’autres solutions plus adaptées aux réalités locales étaient proposées par des élus ».

«  En imposant unilatéralement des mesures hâtives, en clamant vouloir assumer le mauvais rôle, le Premier ministre a rejeté tout esprit de pédagogie. Il a ainsi renoncé à l’adhésion de millions d’automobilistes le plus souvent raisonnables à une décision dont l’impact est réel pour leur quotidien, en particulier dans les zones rurales » soulignent les cosignataires.

« Toute politique ambitieuse - surtout en matière de sécurité routière - doit être empreinte d’une forte acceptabilité sociale. C’est pourquoi un véritable travail préliminaire aurait dû précéder une telle décision ».

C’est pourquoi, sachant que le Gouvernement envisage une mise en œuvre des mesures au mois de juillet 2018, les Sénateurs demandent la création d’une mission d’information sur la prévention routière dont les conclusions pourront être publiées avant l’été.

En ce sens, les cosignataires rappellent qu’à la suite du Comité interministériel du 11 mai 2011, le Gouvernement de l’époque avait proposé des réformes de manière hâtives, aboutissant le 24 mai à la création d’une mission d’information par les députés et le Premier ministre s’était alors engagé à ce qu’aucune modification législative ou réglementaire ne soit décidée avant de connaître les conclusions de la mission.