Question d’Alain Dufaut - Sénateur du Vaucluse

Alain Dufaut - Lutte contre le dopage

Alain Dufaut :

Ma question s’adresse à M. le ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative.

Monsieur le ministre, il ne se passe pas une journée sans que les journaux spécialisés relatent un cas de dopage dans le sport de haut niveau. Ce fléau est en train de dénaturer le sport, que nous aimons tous.

Notre Tour de France et notre cyclisme sont bien malades, après huit épreuves où les « vainqueurs » ont été contestés, après les scandales Festina de 1998 et l’affaire Cofidis, plus récente, sans parler des récents aveux du champion flamand Johan Museeuw.

Mais le dopage, mes chers collègues, touche tous les sports, y compris le sport amateur.

Pour lutter contre ce fléau, le Sénat a adopté en octobre 2005, sur votre initiative, monsieur le ministre, le projet de loi relatif à la lutte contre le dopage et à la protection de la santé des sportifs.

Voilà seulement deux semaines, le jeudi 25 janvier, nous votions ici même, à l’unanimité, le projet de loi autorisant la ratification de la convention internationale contre le dopage dans le sport.

Par ailleurs, vous avez récemment été élu au poste de vice-président de l’Agence mondiale antidopage, l’AMA. Nous ne pouvons que nous féliciter de la nomination d’un ministre français à ce poste éminent.

En fait, monsieur le ministre, vous avez fait de la lutte contre le dopage l’une des priorités de votre action ministérielle. Votre implication personnelle dans ce combat a toujours été totale et déterminée.

Au moment même où vient de se clore, à Paris, le comité de suivi de la convention internationale contre le dopage dans le sport, qui s’est tenu lundi, mardi et mercredi, pouvez-vous faire le point sur les évolutions internationales en la matière et les améliorations qui seront apportées en vue d’une plus grande efficacité du code mondial antidopage ?

La réponse de M. Jean-François Lamour, ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative.

Monsieur le sénateur, vous êtes un fin connaisseur de la lutte antidopage. Vous étiez d’ailleurs, avec Mme Luc, rapporteur du projet de loi autorisant la ratification de la convention internationale contre le dopage dans le sport. Vous savez donc à quel point il est nécessaire de faire évoluer en permanence la lutte antidopage.

La convention à laquelle vous avez fait référence permet justement une telle évolution. Le code mondial antidopage rend possible l’application, dans tous les pays, pour tous les sports, des mêmes standards, ce qui nous permettra de traquer, partout dans le monde, les sportifs qui cherchent à se doper et ceux qui les aident.

Vous citiez fort justement l’actualité récente, qui concerne l’athlétisme français, lequel est très touché par ce fléau. Il faut que la Fédération se mobilise et intervienne, à son niveau, car il y a malheureusement de nombreux cas à déplorer. Une athlète vient de se faire appréhender, à Roissy, avec un certain nombre de produits interdits dans ses bagages. C’est la démonstration que la lutte antidopage ne peut s’effectuer qu’au niveau international.

La convention internationale contre le dopage dans le sport a été ratifiée par quarante-six États, dont la France - vous en avez été les acteurs, mesdames, messieurs les sénateurs.

Elle nous permettra d’harmoniser nos procédures et nos dispositifs et de faire évoluer le code mondial antidopage. Au moment de la conférence organisée par l’AMA à Madrid en novembre prochain, nous pourrons, par exemple, alourdir les sanctions, notamment la durée de la suspension, qui passera de deux ans à quatre ans. C’est un élément important pour punir non seulement ceux qui se dopent, mais aussi qui font tout pour mettre en place un système de dopage dans leur activité.

Monsieur Dufaut, il s’agit pour nous d’un enjeu majeur : c’est l’exemplarité du sport et la préservation de la santé des sportifs qui est en jeu. Vous qui connaissez parfaitement les clubs sportifs avignonnais, vous savez que c’est dans ces structures que se dessinent les bases de la pratique sportive. C’est là, en effet, que les éducateurs, les bénévoles, s’engagent et que les jeunes apprennent à respecter les règles. Si nous ne luttons pas efficacement contre le dopage, c’est tout le sport qui est en danger.

Voilà pourquoi cette convention est importante. Voilà pourquoi nous devons poursuivre ensemble nos efforts.