La démission de Pierre de Villiers n’enterre pas le débat sur le budget de la Défense

Les Sénateurs Les Républicains ont rendu un hommage unanime au Général Pierre de Villiers, après sa démission. Hommage au militaire exceptionnel, qui « dirigea nos soldats dans l’unique but de garantir la sécurité de la France et des Français » selon Cédric Perrin. Hommage au républicain, salué par Bruno Retailleau, qui n’a eu pour seul tort que « s’être exprimé librement devant les députés ».

Plus qu’une crise militaire, les sénateurs Les Républicains dénoncent une faute politique du chef de l’Etat, dont « l’attitude marque une fébrilité et un goût certain pour le pouvoir sans vis-à-vis » selon le président du groupe. Dominique de Legge y voit quant à lui une atteinte aux prérogatives du Parlement « Comment le parlement peut-il assurer ses missions constitutionnelles de contrôle et d’évaluation du gouvernement si les hauts fonctionnaires qui sont auditionnés dans le secret des commissions parlementaires sont sanctionnés dès lors qu’ils expriment librement leurs analyses ? »

Comme le président se paye d’être un lettré, il n’ignore pas la maxime de Sophocle « personne n’aime le messager porteur de mauvaises nouvelles ». La démission du Général de Villiers et son remplacement par un nouveau Chef d’Etat-major, peut être plus silencieux, ne règle pas le problème financier structurel de la Défense, mis en lumière par Jean-Pierre Raffarin dans un rapport déposé au mois de juin dernier. Opérations extérieures, renouvellement de matériels, mission Sentinelle, renouvellement de la dissuasion nucléaire : on ne peut demander plus aux Armées en leur donnant moins. Emmanuel Macron s’était engagé à sanctuariser le budget de la Défense : les sénateurs Les Républicains regrettent cette volte-face rapide qui fragilise la sécurité des Français.