Michel RAISON : « Diminuer le nombre d’élus locaux affaiblira l’un des derniers liens publics au service des populations rurales »

Alors que s’est ouverte hier au Sénat la première Conférence nationale des territoires, Michel RAISON, Sénateur de la Haute-Saône, se dit satisfait de l’attention portée à la ruralité par ce biais et largement mise en avant par Gérard LARCHER, Président du Sénat.

Toutefois, cette rencontre ne doit pas se résumer à des annonces contre-productives ou des promesses peu efficaces pour la ruralité. Il s’agit plutôt de faire preuve de courage politique en acceptant de rééquilibrer notre territoire national.
En effet, le principal problème du monde rural est, depuis plus de 50 ans, l’essor de la métropolisation qui a été soutenu à marche forcée par l’Etat centralisateur pour moderniser la France et la rendre attractive dans la compétition mondiale. Le monde rural pâtit durement de la concentration progressive des activités économiques autour des grandes agglomérations qui bénéficient désormais de tous les leviers de développement (axes de communications, universités et centres de recherche, poids démographique et politique …).

Une conséquence directe de cette politique nationale est clairement soulignée dans une note d’analyse produite par France Stratégie1 : une douzaine de métropoles se partagent 46% des emplois en France, avec une accélération du processus de création d’emplois entre 2006 et 2013.

Concernant la suppression partielle de la taxe d’habitation, qui pénaliserait les territoires déjà les plus pauvres, Michel RAISON rappelle qu’un français sur deux en est d’ores et déjà exonéré. « En augmentant l’assiette d’exonération à près de 80 % de la population, l’Etat prend le risque de voir le foncier non bâti et la fiscalité locale des entreprises croître. L’effort sera par ailleurs concentré sur 20% des ménages, un effort injuste et inconsidéré pour les classes moyenne » souligne le Sénateur pour qui, la piste d’une révision des valeurs locatives seraient bien plus pertinente.

Enfin, s’agissant de la proposition visant à diminuer le nombre d’élus locaux qui sont très majoritairement des conseillers municipaux, Michel RAISON dénonce une mesure plus démagogique que pragmatique : « ces 600 000 élus locaux sont essentiels, ils constituent l’un des derniers liens publics avec les populations dans nos campagnes, rappelons par ailleurs que leur engagement est très souvent bénévole dans les petites communes ! ».