Catherine Troendlé : « Il nous faut alerter le Gouvernement sur l’extrême nécessité d’organiser une politique de prévention de la radicalisation »

Au cours de l’examen en commission des lois du Sénat, du texte proposé par la commission sur le projet de loi prorogeant l’application de la loi relative à l’état d’urgence, Madame Catherine TROENDLE, Sénateur du Haut-Rhin, a précisé que « la 6ème reconduction de l’état d’urgence apparaît comme une évidence dans un contexte de risque terroriste avéré, même si les mesures – comme les perquisitions administratives -, ne produisent plus des résultats aussi efficaces qu’au début de la mise en œuvre ».

Elle a souligné que le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, qui sera examiné en commission des lois du Sénat le 12 juillet prochain, « ne fera que compléter le texte de loi voté en 2016 et largement porté par le Sénat ».

En sa qualité de membre actif de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR), elle a tenu à rajouter les observations techniques suivantes sur ce projet de loi : « il reste des ajustements à y apporter notamment en ce qui concerne l’instauration de périmètres de protection, la fermeture administrative des lieux de cultes, des mesures de surveillance individuelles, mais également d’apporter un cadre juridique nouveau pour les opérations de surveillance des communications hertziennes, suite à la décision du Conseil Constitutionnel , du 21 octobre 2016, et le renforcement des possibilités de contrôle aux frontières intérieures et extérieures ».

Le Sénateur TROENDLE a conclu ses propos en précisant qu’ « il nous faut alerter le Gouvernement sur l’extrême nécessité d’organiser une politique de prévention de la radicalisation ; une politique efficace, réfléchie afin de tarir – si cela est possible – de nouvelles sources de recrutements ».

La conclusion de son intervention fait écho à son travail, dans le cadre de la mission d’information intitulée « Désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en France et en Europe », qu’elle mène depuis le printemps 2016, pour le compte de la commission des lois du Sénat.

Dans ce contexte difficile, les travaux de la mission d’information seront donc tout à fait déterminants pour l’avenir et ses conclusions particulièrement attendues. Ayant déjà fait l’objet d’un point d’étape, dévoilé en février dernier, les conclusions définitives seront ainsi présentées le mercredi 12 juillet prochain, devant les membres de la commission des lois du Sénat.