François-Noël Buffet : « Plan migrants » du Gouvernement : mes solutions

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, était à Calais vendredi dernier, dénonçant le phénomène « d’appel d’air » que créent les camps où se regroupent les migrants, insistant pour couper la route aux passeurs et plaidant pour le renvoi des déboutés du droit d’asile.

Je ne dis rien d’autre depuis des années et j’espère que le plan qui sera annoncé dans une quinzaine de jours par le Gouvernement sur cette question s’inspirera des propositions que j’ai faites il y a longtemps déjà.

Je me suis moi-même rendu à Calais, Grande-Synthe, à Lampedusa, Lesbos ou à la frontière bulgaro-turque à de très nombreuses reprises dans le cadre de la mission de suivi et de contrôle du dispositif exceptionnel d’accueil des réfugiés, dont j’étais le rapporteur au Sénat.

J’ai notamment fait en février 2016, trois propositions que je soumets à nouveau à l’actuel Gouvernement ainsi qu’à ses partenaires européens et internationaux :

  • Créer des « hotspots » au plus près des zones de conflit : « Près de 5 millions de personnes sont massées dans des camps de fortune aux frontières de la Syrie, en Turquie, au Liban ou en Jordanie. Au-delà de la question humanitaire à laquelle le HCR et les ONG tentent d’apporter des réponses, il est essentiel que des hotspots soient créés dans ces zones pour identifier, enregistrer et orienter au plus tôt et au mieux les réfugiés, couper la route aux passeurs et éviter les drames en Méditerranée. »
  • Établir une véritable politique migratoire européenne : « Dans le cadre du Traité de Lisbonne, l’Europe doit se doter d’une politique globale et volontariste en matière de migrations, qui s’inscrive dans une perspective d’avenir et soit fondée sur la solidarité au sein de l’Union, mais aussi et surtout sur la sécurité de ses frontières extérieures. La France doit affirmer de toute urgence son leadership dans ce domaine. »
  • Mettre en place un meilleur contrôle sur le territoire national : « Raser la jungle de Calais n’a eu pour effet que de disperser dans la nature les migrants qui y étaient installés. Je propose au contraire la création de centres de rétention administrative en nombre suffisants avec une présence permanente des services de l’État pour : faire respecter la loi et éradiquer les trafics et les réseaux de passeurs. La présence de l’Ofpra dans ces centres permettrait d’identifier, d’accueillir ou d’orienter ceux qui peuvent bénéficier du statut de réfugié. Les autres pouvant être reconduits à la frontière. »

Afin de ne pas répéter les erreurs du Gouvernement précédent, le Premier ministre et son ministre de l’Intérieur doivent mettre en place rapidement les moyens nécessaires au traitement des demandes.

Celles-ci doivent être étudiées dans un cadre d’accueil fermé, pour le bénéfice de ceux qui peuvent se prévaloir du droit d’asile et afin de reconduire à la frontière l’ensemble de ceux qui n’y sont pas éligibles.