« Sortir de Schengen : la fausse bonne idée » selon Cédric PERRIN et les membres de la commission d’enquête sur l’avenir de l’Europe

Cédric PERRIN, Sénateur du Territoire de Belfort et membre de la commission d’enquête sur l’Europe et l’avenir de l’espace Schengen, a présenté hier avec ses collègues les conclusions du groupe de travail constitué le 29 novembre 2016 à la demande de la droite Sénatoriale.

Alors que l’espace Schengen est confronté à un afflux migratoire important au cours de ces deux dernières années et à une menace terroriste inégalée, un état des lieux précis et des propositions pragmatiques s’imposaient pour les Sénateurs Les Républicains.

Forts des insuffisances mises en évidence — responsabilité du contrôle des frontières extérieures inéquitablement répartie, affaiblissement de la confiance entre États membres, contribution inégale aux bases de données Schengen — les membres de la commission d’enquête ont formulé 32 propositions dans l’objectif d’un retour complet à la libre circulation, le contrôle aux frontières intérieures étant actuellement maintenu en France et au sein d’autres pays européens.

« En dépit des faiblesses de l’espace Schengen et des critiques parfois virulentes à son encontre, le démantèlement de Schengen serait illusoire et contre-productif » estime Cédric PERRIN.

« Tout d’abord, parce que 81 % des Européens et 80 % des Français soutiennent la libre circulation des personnes. Ensuite, la frontière revêt avant tout une force symbolique et ne constitue pas un véritable moyen de protection contre les menaces extérieures. Enfin, l’abandon de Schengen aurait un coût budgétaire élevé et des incidences économiques très négatives sur certains secteurs – en particulier le tourisme et le transport de marchandises – ainsi que sur les travailleurs frontaliers » explique le Sénateur.

Aussi, afin de préserver la liberté de circulation en Europe, la commission d’enquête exclut tout nouvel élargissement de l’espace Schengen afin de veiller à sa consolidation. Elle plaide également en faveur d’une régulation renforcée de l’implantation des points de passage frontaliers au niveau national en procédant à la révision du code frontières Schengen afin d’autoriser le rétablissement du contrôle aux frontières intérieures (pour une durée déterminée et en cas de persistance d’une menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure). Elle préconise la transformation de Frontex par la création d’un véritable corps de garde-frontières et de garde-côtes européen ainsi que la fusion des agents de contrôle de la police aux frontières et des douanes au niveau national. Elle propose enfin de rendre obligatoire le traitement des données de réservation (PNR) aux vols effectués à l’intérieur de l’Union européenne et d’étendre sa collecte et son traitement à l’ensemble des transports internationaux de voyageurs.