Déradicalisation : « C’est un fiasco complet, tout est à repenser, tout est à reconstruire »

La prise en charge de la déradicalisation en France est un échec et les pouvoirs publics doivent changer de concept, selon le rapport d’étape de la mission d’information « désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en Europe » rendu public mercredi.

Pour Philippe Bas (Manche), Président de la commission des Lois du Sénat, « C’est un fiasco complet, tout est à repenser, tout est à reconstruire ».

Le gouvernement a enchaîné ces deux dernières années les expérimentations et les effets d’annonces hasardeux. Catherine Troendlé (Haut-Rhin), co-rapporteur, fustige « le manque d’évaluation des dispositifs mis en place par l’Etat dans le domaine de la prise en charge de la radicalisation et l’absence d’une stratégie globale de prévention ».

Regroupement des détenus radicalisés au sein d’unités spécialisées ? Abandonné. Le centre de déradicalisation volontaire ? Vide. Recours aux associations ? Là encore un échec, et au passage une véritable « gabegie financière ».

La création du centre de Pontourny a été conçue comme une opération de communication. Ouvrir douze autres centres, pour 2,5 millions d’euros de frais de fonctionnement chacun, serait une hérésie ! Pour la sénatrice, le gouvernement refuse de prendre conscience de la réalité du phénomène : « Il faut l’admettre : les personnes les plus violentes et les plus dangereuses ne seront pas déradicalisées. Nos programmes sont inutiles pour les djihadistes radicaux de conviction ».

Alors que le pays est toujours en état d’urgence, que la perspective du retour des fanatiques partis combattre au Moyen-Orient est de plus en plus pressante, Catherine Troendlé invite le gouvernement a tirer les leçons de cet échec. ll faut fermer le centre de Pontourny et revoir tous les dispositifs de déradicalisation.