Michel Raison : « Chômage : les réformes structurelles engagées au niveau de l’UE doivent nous inspirer »

Membre de la commission d’enquête du Sénat sur les chiffres du chômage en France et dans les pays de l’Union européenne, ainsi que sur l’impact des réformes mises en place par ces pays pour faire baisser le chômage, Michel RAISON, Sénateur de la Haute-Saône, présentait avec ses collègues ce matin les conclusions du groupe de travail.

Composée de 21 sénateurs, la commission a entendu - entre le 11 mai et le 19 septembre 2016 - 32 personnalités : anciens ministres du travail, administrations et instances chargées de l’élaboration des statistiques, économistes, associations de chômeurs, représentants d’ambassades des pays de l’Union Européenne.

En premier lieu, le groupe de travail pointe les limites des chiffres établis par Pôle emploi « qui ne sont pas, à eux seuls, un indicateur fiable et pertinent du chômage ». Aussi, les Sénateurs relèvent des anomalies telle que, par exemple, l’exclusion des jeunes de moins de 25 ans et bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) au décompte réalisé par Pôle emploi. Dans le seul département du Nord, 45 000 allocataires du RSA ne sont ainsi suivis ni par Pôle emploi ni par les services du département, soit près de 40 % des allocataires.

C’est pourquoi, les Sénateurs préconisent le choix d’un chiffrage standardisé aux normes internationales, suivant le modèle des statistiques trimestrielles produites par l’INSEE selon les règles du « BIT » (Bureau international du travail).

« Parvenir à des chiffres transparents et cohérents passe nécessairement par une publication mensuelle du chômage au format BIT, avec un contenu enrichi qui laisserait la place à davantage d’analyses tant sur l’évolution des chiffres que sur l’impact des mesures telles que la mise en oeuvre des plans de formation » précise Michel RAISON.

Il ajoute : « Nous devons tendre vers un modèle convergent européen des politiques de l’emploi. Autour de nous, des mesures ont fait leur preuve : la réforme du service public de l’emploi en Allemagne ; le développement de nouvelles formes de contrats au Royaume-Uni ou en Italie ; ou encore la décentralisation de la négociation collective au niveau de l’entreprise ».

« Les efforts consentis par ces trois pays durant la crise leur ont permis de dégager des marges de manoeuvre qui sont aujourd’hui mises à profit pour revaloriser les salaires et améliorer la situation des personnes éloignées de l’emploi. Inspirons-nous en ! » résume Michel RAISON conscient qu’un modèle unique et parfaitement transposable d’un pays à l’autre n’était toutefois envisageable.