PLFR 2016 : un collectif budgétaire en guise de voiture balai du quinquennat...

Jeudi 22 décembre, le projet de loi de finance rectificative (PLFR) pour 2016 a été définitivement adopté, malgré l’opposition du Sénat.

Comme pour le budget 2017, le gouvernement avait présenté un texte sans cohérence, affichant des corrections artificielles. Alors que les dépenses ont augmenté de plus de 2,5 milliards d’euros par rapport aux prévisions de la loi de finance et que la croissance a été revue à la baisse, comment croire que le déficit a baissé en 2016 ? Après un budget 2017 insincère et électoraliste, ce collectif budgétaire ne valait guère mieux…

« Le déficit sera baissé artificiellement en 2016 », Albéric de Montgolfier, rapporteur du général du budget.

Non content d’afficher des grands équilibres insincères, ce PLFR était aussi la « voiture balaie » du budget 2017. Sans aucune cohérence, cohabitaient la « taxe YouTube », la taxation des plateformes collaboratives, la réduction de la fiscalité des autotests de dépistage du Sida, ou encore la sécurisation des bois et vignes. De même, des volets sur la fraude fiscale ou la mise en œuvre du compte « PME innovation » échouaient dans le collectif budgétaire, à défaut de figurer dans le budget 2017.

Face à ce PLFR, la majorité sénatoriale n’a pu que constater l’ampleur des dégâts commis par le gouvernement depuis cinq ans : une croissance atone, une dette qui explose, un déficit manipulé et des dépenses pharaoniques en guise de cadeaux électoraux. A quatre mois de l’élection présidentielle, ce dernier tour de passe-passe ne fait qu’aggraver le lourd héritage budgétaire du quinquennat Hollande.