Bruno Retailleau : « Crèches dans l’espace public : une décision de sagesse et de bon sens »

Par sa décision autorisant les crèches dans les lieux publics si elles sont installées pour un motif artistique, festif ou culturel, le Conseil d’Etat clôt un mauvais débat engagé depuis deux ans.

En décembre 2014, alors que je présidais le Conseil général de la Vendée, le Tribunal Administratif de Nantes m’avait en effet demandé de retirer la crèche de Noël qui était installée dans le hall du Département depuis des années, à la demande d’une association laïciste.

A l’époque, des milliers de personnes, croyantes ou non, m’avaient écrit pour dire leur indignation et leur attachement à ce symbole qui, très au-delà de son caractère cultuel auquel les Chrétiens sont légitimement attachés, fait partie intégrante de notre patrimoine culturel commun.

C’est pourquoi j’avais fait appel de cette décision et la Cour administrative d’Appel m’avait donné raison en octobre 2015. Cette fois-ci, c’est la plus haute juridiction administrative de notre pays qui confirme que la présence d’une crèche dans un lieu public « ne méconnaît pas les principes de liberté de conscience et de neutralité du service public ». Le Conseil d’Etat entérine ainsi la conception française de la laïcité, qui est une conception sereine et positive de la place des religions dans l’espace public.

Je me réjouis donc de cette décision de sagesse et de bon sens. Dans une période où les Français se divisent sur le sens de notre identité, cet arrêt rappelle que la France est certes un pays laïc, mais un pays laïc aux racines chrétiennes.