Bruno Gilles : « PLFSS : un équilibre en trompe l’œil ! »

Pour faire suite à l’audition ce jour de Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé, sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2017, par les membres de la commission des affaires sociales du Sénat, Bruno Gilles exprime son inquiétude quant aux nouvelles coupes qui vont être faites dans les dépenses de santé.

Selon la Ministre, ce dernier PLFSS du quinquennat devrait ramener le déficit du régime général de 3,4 milliards d’euros en 2016 à 400 millions en 2017. A sept mois de l’élection présidentielle, le Gouvernement promet ainsi, au prix de nouvelles économies drastiques dans le domaine de la santé, de ramener le solde du régime général quasiment à l’équilibre en 2017, tout en se targuant d’avoir sauvé la Sécurité sociale.

De plus, plusieurs dispositions impactent visiblement l’exercice de la médecine en France. En effet, le relèvement du taux de croissance de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 1,75% à 2,1% et l’augmentation du tarif de la consultation des généralistes de 23 à 25 euros au 1er mai 2017 ne suffisent pas à cacher un programme d’économies sans précédent pour le secteur de la santé, soulevant l’inquiétude des médecins.

Les hôpitaux devront quant à eux fournir encore plus d’efforts qu’en 2016. Le Gouvernement leur demande d’économiser près de 1,5 milliard d’euros, dont 845 millions par des « gains d’efficience », notamment grâce à la mutualisation des achats entre établissements appartenant à un même Groupement hospitalier de territoire (GHT), et dont 640 millions d’euros par la réduction des durées d’hospitalisation ou « virage ambulatoire ».

Bruno Gilles souligne ainsi que « ce budget d’austérité risque non seulement de ne pas permettre en réalité de combler le trou de la Sécurité sociale, mais même au contraire d’accroître les inégalités de santé ».