« Guerre Taxis - VTC : pour un clap de fin »

Depuis quelques années, le marché du transport a connu l’arrivée des véhicules de transport avec chauffeur (VTC), concurrence à laquelle les taxis s’opposent fortement. Or taxis et VTC doivent pouvoir coexister à Paris comme ils le font dans de nombreuses autres grandes villes. Économiquement, ils le peuvent amplement. Le secteur des VTC est complètement sous-développé à Paris par comparaison à Londres par exemple. De plus la cible visée n’est pas exactement la même. Les VTC ont créé une nouvelle offre : des ménages plus modestes qui n’utilisaient pas le taxi vont parfois désormais avoir recours aux VTC. Il y a là une catégorie de clientèle inexploitée. Personne ne vole les clients de l’autre. Nous assistons au contraire à la démocratisation de tout un secteur.

Mais la France a peur, peur de la nouveauté, peur de la concurrence, alors elle réglemente, trop. Taxis et VTC n’ont pas besoin d’entrer dans un secteur unique réglementé.

Cette proposition de loi fait partie des textes emblématiques qui ouvriront la voie, demain, à l’émergence de nouveaux modèles économiques. La loi portée par le Député Grandguillaume, commandée par le Premier ministre et le Ministre des Transports, est la première qui traite de la régulation de ce qu’on appelle désormais communément « l’ubérisation de l’économie ».

Cette loi a été proposée sur la base d’un diagnostic erroné : elle s’oppose au choix du consommateur, à la création d’emplois et à la nécessité de rechercher des nouveaux modèles de mobilité pour décongestionner les centres-villes.

Aucun compromis n’est réellement proposé entre taxis et VTC.

Le gouvernement propose une régulation du marché du VTC pour en limiter l’accès alors que les rapports se succèdent pour démontrer le gisement d’emplois inédit en France de ce secteur (68 000 d’après le Député Thévenoud). Il est sourd face aux millions de consommateurs qui plébiscitent ce mode de transport qui crée une demande nouvelle et est complémentaire à l’offre existante. De plus, il méconnaît l’impact environnemental avéré du VTC pour les centres-villes avec dès à présent 30 000 véhicules en moins en région parisienne.

Enfin, précisons que les VTC ne se limitent pas à la société américaine Uber. Il existe de nombreuses sociétés françaises de VTC. La proposition de loi affaiblirait encore un peu plus celles-ci, au risque qu’elles disparaissent, face au géant américain aux reins plus solides.

Pour ces raisons, nous serons vigilants pour rééquilibrer le texte qui sera présenté au Sénat, afin qu’il soit juste. Mettons un clap de fin à ces hostilités Taxis-VTC.
Ce marché est en plein essor, laissons-le se développer. Et puis, comme disait Victor Hugo : « Rien ne résiste à une idée dont le temps est venu ».

P.-S.

Les Sénateurs de la droite et du centre Cyril PELLEVAT (LR), Gérard LONGUET (LR), Jean-Marie BOCKEL (UDI), Louis NEGRE (LR), Patrick CHAIZE (LR), Marie-Annick DUCHENE (LR), Annick BILLON (UDI), Olivier CIGOLOTTI (UDI), Jean-François MAYET (LR), Benoît HURE (LR), Pierre MEDEVIELLE (UDI).