Statistiques du chômage et réformes de l’emploi en Europe : une enquête nécessaire !

Le 28 avril dernier, à la demande du groupe les Républicains, le Sénat a constitué une commission d’enquête parlementaire sur les chiffres du chômage. Ce matin, les conclusions de Philippe Dallier (Seine-Saint-Denis), rapporteur de la commission, sont sans appel : il faut des indicateurs du chômage plus pertinents que les chiffres actuels. Actuellement, les chiffres donnés par Pôle Emploi ne sont pas représentatifs du chômage « réel » en France, et ceux issus de l’enquête INSEE sont plus pertinents mais trop peu utilisés.

« Commenter tous les mois le chiffre des demandeurs de catégorie A fourni par Pôle Emploi n’est pas suffisant », Philippe Dallier (Seine-Saint-Denis), rapporteur de la commission.

La commission a donc préconisé que les statistiques de l’enquête INSEE deviennent mensuelles, afin de fournir un indicateur du chômage plus réaliste et contemporain de celui de Pôle Emploi. « La définition d’un chômeur selon l’INSEE est conforme aux standards internationaux et donc plus facilement comparable, ce qui n’est pas le cas avec Pôle Emploi », a d’ailleurs indiqué Philippe Dallier.

Le rapporteur a aussi souligné qu’il était nécessaire d’améliorer les chiffres de Pôle Emploi, afin de les rendre plus complets : « Beaucoup d’autres données peuvent être utilisées pour compléter le chiffre actuel, permettant ainsi de mieux rendre compte de la réalité ». D’autant que la lisibilité de ces chiffres est obscurcie par les récents dispositifs du gouvernement, notamment le « plan 500000 formations », qui ne considère plus certains chômeurs en formation comme des demandeurs d’emplois.

Pour mieux lutter contre le chômage endémique que nous connaissons, le choix d’un indicateur pertinent est crucial, mais il ne faut pas sous-estimer l’impact des réformes de l’emploi. Pour cela, la commission s’est aussi appuyée sur une analyse des réformes conduites en Europe. Car si la reprise est là et que le chômage décroît dans la zone euro ; moins de 4,5% en Allemagne et au Royaume-Uni, la France plafonne toujours à plus de 10% ! L’occasion pour le gouvernement de prendre exemple sur ce qu’ont fait nos voisins européens : « Une forte concentration de réformes structurelles de l’emploi », nous indique Philippe Dallier.