André Reichardt : « L’Etat paie au prix fort le « sauvetage » du site d’Alstom à Belfort »

Si on peut naturellement se réjouir avec les salariés d’Alstom du site de Belfort, du « sauvetage » de leur usine, plusieurs interrogations ne manquent pas de se poser :

  • Pourquoi l’Etat prévoit-il de commander 15 TGV à étages capables de rouler à 350 km/h alors même que ceux-ci ne pourront circuler qu’à 160 km/h sur les lignes Intercités concernées ?
    Cette question pose a minima celle de la bonne gestion de l’argent public qui sera affecté à cette dépense…
  • Comment l’Etat pourra-t-il procéder à une telle commande sans faire un appel d’offres préalable, alors même que le Ministre des Transports répondait encore à la dizaine de parlementaires de l’Est, dont j’étais, tout au long de ces derniers mois, qu’il n’était pas possible de passer commande de Trains d’Equilibre du Territoire (TET) complémentaires sur la base d’un marché existant, sans nouvel appel d’offres ?

Il s’agissait pourtant pour les parlementaires concernés de veiller à remplir un creux de charges annoncé par l’entreprise…
Le Gouvernement assure désormais que les commandes qu’il veut faire seront parfaitement légales : que n’a-t-il pris une telle position plus tôt, avant d’y être contraint par la levée de boucliers suscitée par l’annonce de la fermeture du site de Belfort.

  • Si l’usine de Belfort semble (provisoirement ?) tirée d’affaire, en est-il de même des autres sites, voire de l’entreprise elle-même ?
    Déjà, certains s’interrogent sur le plan de charges du site de Reichshoffen, qui pourrait souffrir lui-même dans l’avenir de cette commande venue sauver l’usine de Belfort.
  • Et que penser, enfin, des appréciations entendues du côté de Belfort sur le site de Reichshoffen lorsqu’il a été décidé de transférer les activités de l’usine de Belfort vers l’usine alsacienne ?
    Celles-ci donnaient l’impression que Reichshoffen ne se trouvait pas en France, mais dans on ne sait quel pays lointain d’Europe.

La réponse à ces interrogations passe dès lors par un constat : ce plan de sauvetage au prix fort du site de Belfort d’Alstom n’est en fait qu’une manœuvre de dernière minute, imposée par un gouvernement qui n’a pas de stratégie de développement du secteur ferroviaire alors même que celui-ci est de premier plan pour l’économie française.