Francis Delattre : « Budget 2017 : un cap clair pour François Hollande, celui de l’électoralisme ! »

Le budget 2017 a été présenté ce matin en Conseil des ministres puis dans la journée à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Ce budget, heureusement le dernier de François Hollande, a pour une fois un cap : l’électoralisme.

Aucun de ceux qui l’ont fabriqué n’aura à l’appliquer jusqu’à son terme. A quoi bon dès lors, s’embarrasser d’honnêteté, à quoi bon se préoccuper de crédibilité ?
L’enjeu est pourtant de taille compte tenu de nos engagements européens maltraités et de l’attente de nos indispensables préteurs.

Ainsi la Cour des comptes juge le retour du déficit public à 2,7% du PIB l’an prochain « improbable » en raison des risques de dérapages du côté des dépenses. Depuis 6 mois François Hollande distribue l’argent qu’il n’a pas : baisse d’impôt d’un milliard d’euros vers une cible électorale, plan de 5 milliards d’euros pour les entreprises via un renforcement du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et une baisse ciblée de l’impôt sur les sociétés qui ont le mérite d’un décalage dans le temps d’une année.

Création de 500 000 stagiaires en juin auxquels s’ajoutent aujourd’hui dans un décret d’avances 150 000 nouveaux emplois aidés. Si après cela la courbe du chômage ne s’inverse pas !

Au surplus ces tripatouillages budgétaires touchent essentiellement la recherche, l’éducation, les infrastructures de transport, toutes missions porteuses d’avenir.
Pour son équilibre, ce budget s’appuie sur des hypothèses de croissance totalement fantaisistes ! Pas un économiste ne reconnaît que la croissance de la France sera de 1,5% l’an prochain. Le FMI et l’OCDE tablent plutôt pour 1,3 voire 1,2% de croissance. Or, cet écart est loin d’être négligeable car c’est au final plus de dette, plus de déficits, plus de chômage, moins de recettes fiscales, moins de cotisations… C’est ainsi toute la trajectoire économique et sociale de la France qui s’en trouve affectée nous mettant à la traîne de nos partenaires européens qui eux ont fait les réformes se traduisant par des baisses concrètes de chômeurs.

Aucun artifice ne pourra masquer un bilan où le choc de compétitivité est absent et le choc fiscal bien présent.