Migrants : le grand détournement du gouvernement ?

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a donné aujourd’hui quelques éclaircissements à la Commission des lois du Sénat qui avait demandé à l’entendre sur le plan de répartition des migrants.

Le ministre a ainsi précisé que les élus locaux seraient consultés avant toute installation de migrants sur leur territoire et que les coûts induits seraient pris en charge par l’État. Dont acte.

Il a été moins disert lorsque je l’ai interpellé sur une pratique a priori courante dans les représentations diplomatiques françaises situées à proximité des zones où se massent et transitent les réfugiés.

Alors que j’effectuais une visite au Liban en juillet dernier, le Consul de France à Beyrouth m’a en effet confirmé que ses services délivraient aux réfugiés irako-syriens des « milliers » de visas long séjour (VLS).

Une fois munis de ce visa et installés sur le territoire national de manière tout à fait officielle, ces migrants sortent complètement des statistiques et des quotas de demandeurs d’asile.

S’il s’avérait que cette pratique est instituée en système, il s’agirait ni plus ni moins que d’un détournement par le gouvernement de la procédure d’asile ! Quelle caution donner alors aux chiffres avancés par l’État ?

Alors que leur nombre a doublé à Calais en l’espace d’un an pour atteindre entre 7 000 et 9 000 selon les sources, on constate l’échec de la gestion « au fil de l’eau » des migrants par le gouvernement.

La solution de la dispersion des sites d’accueil est un pis-aller inadapté là où il aurait fallu organiser il y a longtemps, et comme je le demandais, un système de « hotspot » français pour traiter rapidement la situation. Accorder l’asile et accueillir correctement ceux qui relèvent de ce statut et reconduire les autres à la frontière.